mardi, 07 novembre 2006
Goncourt 2006
Le prix Goncourt 2006 a été décerné à Jonathan Littell pour "Les Bienveillantes", publié chez Gallimard. Peu me chaut.
Je ne lirai pas ce livre pour plusieurs raisons. La première est que cela sent le décalque de "La mort est mon métier" de Robert Merle. La deuxième est que cet ouvrage s'inscrit dans un politiquement correct de bon aloi que l'on essaye de faire passer pour le comble de la subversion. La troisième est qu'il a reçu le prix Goncourt.
Il faudrait supprimer tous les prix littéraires. Chaque fois qu'un roman est couronné, sa maison d'édition est soupçonnée de l'avoir acheté. Cela fait dix ans que je n'ai pas lu un Goncourt, le dernier étant "Le chasseur zéro" livre inintéressant au possible et indûment récompensé. (Re)lisez les grands classiques (et encore pas tous) et jetez au loin ces infamies.
Cadichon
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samedi, 22 juillet 2006
Dieu.com
Lis "Dieu.com" de Danièle Sallenave mélange de choses justes et de stupidités voire de saloperies.
Premier axiome de l'auteur la seule religion que l'on ne doit pas critiquer, que l'on ne doit pas toucher, c'est l'islam. Pourquoi? Pas d'explications, à part peut-être qu'il ne faut pas stigmatiser les immigrés. Raisonnement tout de même curieux pour une athée se revendiquant de la laïcité et qui nous explique que nous devrions nous écarter encore plus des religions.
Néanmoins quelques traits de lucidité "Il ne faut pas enseigner la shoah mais l'histoire." critiquant aussi à juste titre le nihiliste consumériste. Mais d'où vient ce nihilisme sinon des lumières mal éclairées (Diderot, Voltaire, Condorcet) et de ceux qui en ont embrayé le pas: les communistes, les nazis, les soixante-huitards( je tiens à préciser que même si je déteste les soixante-huitards je ne compare pas leurs fautes aux crimes nazis et communistes, mais j'énonce simplement le fait que leur idéologie soit aussi un nihilisme même si le communisme et le nazisme étaient peut-être plus des fanatismes que des nihilismes)? L'athéisme ne saurait être un projet politique nouveau puisqu'il a quasiment triomphé partout en Europe occidentale. Alors d'accord il y a un petit regain religieux depuis une dizaine d'années en France mais on partait de si bas.
Cadichon
21:05 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
mercredi, 05 juillet 2006
Les femmes de Lovecraft
Voilà ce qu'écrivait Lovecraft dans une de ses lettres au sujet des femmes:
"Je n’approuve pas votre reconnaissance du mérite de l’intelligence féminine: selon moi, celle-ci est non seulement moins imaginative que l’homme mais de beaucoup, de sorte que je ne puis penser à une vision puissamment fantastique qui ne soit le fait d’un homme. Les femmes sont en vérité vouées à écouter le babil des nouveau-nés, mais il n’est rien là dedans qui relève de la divination. Les femmes sont par nature littérales, prosaïques, douées de bon sens, attachées aux choses pratiques et tout aussi incapables de création artistique véritable que d’intuitions. Il est aberrant de vouloir faire une règle générale à partir de quelques exceptions qui, en raison de leur singularité, appellent la remarque, ou par l’état d’esprit du peuple américain qui fait que la société démocratique enchaîne l’homme à la réussite commerciale tandis qu’elle permet aux épouses médiocres de s’adonner aux joies de la littérature, soit par désoeuvrement, soit par émulation. Lorsque, au cours de l’évolution de la société, les femmes américaines devront se mêler des affaires publiques, et seront dépossédées de leur avantage présent, alors que vous comprendrez à quel point leur grande majorité est inférieure, sur le plan esthétique, à la partie mâle de l’Humanité."
Je précise que ce n'est pas ma position même si par ailleurs les propos de Lovecraft rejoignent certaines positions féministes. Et oui les extrêmes se touchent.
Cadichon
18:13 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
jeudi, 08 juin 2006
Astérix vs Goldorak
Récemment j'ai lu chez mon père le dernier Astérix, "Le ciel nous tombe sur la tête". D'une nullité crasse.
Astérix contre Goldorak, quel sacrilège, quelle erreur! La seule idée du livre soit la lutte contre non-prolifération des armes de destruction massive, la potion magique étant considérée comme telle, n'est même pas exploitée et au contraire on a droit à des combats extra-terrestres bien en deçà de Star Wars et consorts. Depuis la mort de Goscinny, Uderzo n'avait pas écrit que de bons épisodes d'Astérix. Mais jamais il n'était tombé aussi bas.
Cadichon
01:25 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Polémiques
mardi, 30 mai 2006
Proudhon vs Marx
Ce week-end j’ai lu “Misère de la philosophie” de Karl Marx. Je ne suis pas marxiste (loin s’en faut) néanmoins il est intéressant de savoir ce qu’a écrit Marx. En l’occurence, ce livre est un flingage de Proudhon qui avait eu l’impudence de ne pas voir dans l’avènement du communisme, la solution à tous les problèmes et aussi avait par principe refusé la violence révolutionnaire. Marx ne va pas lui répondre sur ce terrain, il a flairé le danger. Alors il va reprocher à Proudhon ses faibles connaissances en économie et son indigence philosophique. Mais la plupart des arguments sont mesquins et font de cette oeuvre, un livre bâclé et globalement insignifiant.
160 ans après, étant donné les errements politiques du communisme ainsi que ses crimes, il est peut-être nécessaire d’examiner ce que proposait Proudhon (qui garda une grande influence sur le milieu ouvrier et ce ne fut qu’à la fin du 19ème siècle que le marxisme s’imposa). A la collectivisation des moyens de production, Proudhon proposait de considérer la propriété comme un usufruit (d’où la distinction chez lui entre la propriété qu’il condamne et la possession) soit un approfondissement de la pensée rousseauiste du “Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes", ce qui n’empêche nullement Proudhon de vomir sur Rousseau considéré comme l'ennemi de la révolution et de la république.
Je ne rentrerai pas dans les détails de ses propositions économiques mais reconnaissons que la théorie de Proudhon est en fait, la seule réponse intelligente aux excès du capitalisme. Loin des théories loufoques du retour au troc ou de la nationalisation totale, le fait de considérer la propriété comme un bien qu’une autorité pourrait nous retirer (voyez y ma touche personnelle, Proudhon militant pour la suppression de l’état), serait un frein à la spéculation boursière aveugle à court terme. Nous vivrions peut-être alors dans un système où le travail serait plus récompensé que la spéculation.
Cadichon
20:45 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note
lundi, 22 mai 2006
Association
En ce moment je tente de lire “Etre et temps” de Heidegger (il est fort probable que je n’aille pas jusqu’au bout tant cette philosophie m’est en grande partie inintelligible). Hier je lisais les premiers chapitres en ayant pour fond sonore “Master of puppets” de Metallicca. Et je ne pus m’empêcher de me souvenir que certaines de mes découvertes littéraires avaient été attachées au fond musical qu les avait accompagnées. Ainsi je me souviens de la Toussaint de mes 18 ans où je m’étais enfilé “Bilbo le Hobbit” ainsi que les trois volumes de “Le seigneur des anneaux” tout en écoutant en boucle le triple live de Yes “Yes songs”. Pour moi les deux oeuvres sont liées et le seront toujours (je me rappelle aussi d’une discussion où un ami m'avait confié avoir lié “Le seigneur des anneaux” avec la “Symphonie du nouveau monde” de Dvorak). Il en va de même pour d’autres oeuvres: “Au dessous du volcan” me fait penser à “Tarkus” de Emerson, Lake & Palmer (association curieuse) et “Johnny s’en va t’en guerre” au “Cimetière des arlequins” de Ange (et non à “One” de Metalicca qui reprend pourtant les images du film).
Si dans votre esprit, il existe une association du même ordre, vous pouvez la narrer ici.
Cadichon
11:05 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
vendredi, 19 mai 2006
La mort compatissante
"Si l'univers porte en son sein des dieux pleins de pitié, que ceux-ci veillent sur moi au long de ces heures où ni ma volonté ni les drogues n'ont la force de me retenir sur le bord de l'abîme du sommeil.
Sans appel la mort est compatissante. Mais celui qui renaît des profondeurs infernales de la nuit sait, dans son hébétude, que la paix vient de l'abandonner pour toujours."
Que rajouter à ces superbes phrases tirées de "Hypnos" de Lovecraft?
12:45 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
dimanche, 14 mai 2006
La lettre écarlate
L'autre jour j'ai relu "La lettre écarlate" de Nathaniel Hawthorne. Le livre est vraiment ambigu. Car si le portrait de ceux qui condamnent l'adultère d'Esther n'est pas joli-joli, l'illustration de la rédemption d'Esther qui ne peut passer que par cette condamnation et par l'opprobre qui l'accompagne, montre qu'il y a plus que des relents de puritanisme chez Hawthorne.
Il existe trois adaptations cinématographiques de ce chef-d'oeuvre de la littérature américaine. Je n'ai pas vu la version muette. Mais les deux autres, celle de Wenders et celle où Demi Moore incarne une merveilleuse Esther (sortie en France on ne sait pourquoi sous le titre "Les amants du nouveau monde" si ce n'est parce que le film nous narre ce que l'on ne voit pas dans le livre) n'illustrent pas cette ambiguïté. Ils prennent partie sans réserve pour Esther et sa fille Pearl. Certes on peut le comprendre car qui a envie de jeter des pierres à une femme et son enfant? Mais en faisant cela les metteurs en scène ont trahi Hawthorne sans hisser son oeuvre.
On pourrait en tirer une nouvelle version 100% puritaine qui serait elle aussi une trahison. Ou alors avec une fin heureuse qui verrait Esther épouser Deasdale. Quand on choisit un livre, le mieux est de respecter l'auteur du moins ce qu'il a voulu dire. Que l'on soit obligé de modifier un ou deux détails pour éviter que le film dure six heures ou une demi-heure, d'accord. Mais quand on prend "La lettre écarlate" qui est peut-être le plus grand chef-d'oeuvre de la littérature américaine, on respecte l'esprit de Hawthorne en entretenant l'ambiguïté jusqu'au bout. Puritanisme ou condamnation du puritanisme? Justement Hawthorne n'a pas choisi et nous devons nous en réjouir. Quand un livre est ambigu c'est qu'il n'est pas manichéen.
Cadichon
15:06 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
samedi, 06 mai 2006
Le rappel à l'ordre
Il y a deux ans j'avais lu "Le rappel à l'ordre" de Lindenberg emprunté bien sûr (Je n'allais tout de même pas financer la francophobie!) Pire que je pensais. Un livre où toute vélléïté de pensée est considérée comme une évidente adhésion au fascisme, où le jugement précède la fausse analyse, amalgamant tout et son contraire (Houellebecq parce qu'il s'est opposé à l'islam est considéré comme pétainiste alors que Pétain était aux ordres d'Hitler allié pour des raisons tactiques aux pays musulmans qui combattaient alors les anglais), multipliant les citations tronquées et les résumés malhonnêtes, employant un oxymore stupide et épouvantable comme gaullo-maurassien à propos du souverainiste Paul-Marie Couteaux (dont on peut ne pas partager les opinions mais qui est néamoins respectable et bien loin d'être maurassien), faisant des comparaisons aberrantes non argumentées (l'anti-mondialisation et le pacifisme des années 30).
L'aveuglement sur l'islamisme (peu abordé néanmoins) de ce livre considérant les récentes attaques contre les synagogues et la vague de judéophobie comme sujettes à caution (trois pages-de 61 à 63-qui auraient été taxées d'antisémites si elles avaient été écrites par Lepen), est tel qu'une partie aurait pu être rédigée par le mollah Omar voire par Ben Laden. Ce livre d'une faiblesse absolue est tellement vide qu'il se lit très rapidement (j'espère que je l'oublierai à la même vitesse).
Et surtout Lindenberg voit Maurras partout. Que l'on m'explique comment Maurras dont il est n'est pas évident de trouver les ouvrages politiques pourraît être le maître à penser de tant d'écrivains. A toute page où on ouvre ce "livre", on tombera sur un sophisme, une stupidité, une saloperie, un raisonnement spécieux, un amalgame ou un mensonge. Ouvrage bâclé, rédigé à la va-vite comme une rédaction d'un cancre torchée pendant la dernière récréation permettant de rendre le travail à temps, ce "livre" n'est même pas de la merde car celle-ci a le mérite de pouvoir au moins servir d'engrais. Sa seule qualité est d'être très court. Ecrit par un mec qui sort de sa tour d'ivoire en posant sur les français un regard pire que condescendant. Affligeant.
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mardi, 25 avril 2006
Philosophes (mal)honnêtes
Il existe deux types de penseurs-philosophes. Ceux qui nous disent ce qu'ils pensent, nous l'écrivent noir sur blanc et il n'y a aucun malentendu sur leur idéologie. Figurent par exemple dans ce groupe deux penseurs aussi opposés que Rousseau et Nietzsche (ce dernier vomissant allégrement sur la pensée de Rousseau). Et il y a d'autre part ceux qui avancent masqués qui emploient un langage faussement objectif et qui nous présentent leurs idéologies fallacieuses comme étant les fruits de longues réflexions mûrement travaillés (par exemple Hegel et Kant). Quel que soit l'idéologie prônée par ces auteurs nous nous devons de préférer le premier camp au deuxième. Car ces penseurs sont courageux et nous présentent leur pensée sans tricher. Il est par ailleurs amusant de voir que en gros Kant et Voltaire pensent à peu près la même chose mais qu'ils ne l'écrivent pas du tout de la même façon. Voltaire ne triche pas (ce qui fait que l'on se rend compte que sa philosophie est absolument inhumaine) alors que Kant louvoie pour nous faire passer la partie hideuse de ses pensées. Ainsi nombreux savent que Voltaire était farouchement judéophobe mais quid de Kant? Qui sait à part ceux qui les ont étudiés, que Hegel et Kant sont des calvinistes philosophiques ayant introduit et vulgarisé la notion de sens de l'histoire?
Cadichon
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