mardi, 20 mars 2007
Taliban en jupons
On n'a pas besoin d'être un islamiste pour avoir une morale de taliban: la preuve en images
Finalement sa parodie est bien meilleure10:00 Publié dans Batailles | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
vendredi, 28 juillet 2006
Femmes et politique
Dans "Par-delà bien et mal" Nietzsche condamne le féminisme en se révèlant misogyne chose que je ne serai jamais. Il considère que l'entrée de la femme en politique s'est accompagnée d'une régression de la Femme, que celle-ci a vu son influence diminuer au moment même où elle obtenait plus de droits. Car la femme a renoncé alors à sa part de grâce qui la faisait triompher dans le domaine où elle était maîtresse: la femme cesse d'être "un animal domestique particulièrement délicat, bizarre, sauvage et souvent agréable" (c'est l'interprétation de Nietzsche pas la mienne).
Moi surtout ce que je condamne c'est le discours qui accompagne la parité, qui nous dit que les femmes ces anges de douceur (qualité que je ne conteste pas) vont gouverner avec cette douceur et donc nous apporter tant de bonheur. Un simple coup d'oeil à l'histoire rend cette interprétation totalement fantaisiste.
Les grandes femmes politiques ont été des tueuses d'une violence inouïe loin de toute tendresse: Isabelle la Catholique, Elisabeth Ière d'Angleterre, les deux Catherine (Médicis, II de Russie), Indira Gandhi, Margaret Thatcher (certes une libérale impitoyable mais qui a redressé son pays). Permettez moi de vous dire que ces femmes je n'en aurais pas voulu comme amantes car je n'aime pas spécialement me faire torturer au lit. Parmi les grandes politiques seule Benazir Butto a échappé à ce stéréotype mais justement elle s'est fait renverser deux fois par son armée.
Quant aux femmes anges de douceur et donc amantes, permettez moi de vous rappeler qu'elles ont souvent été de médiocres politiques justement car elles ne faisaient passer leur amants avant l'intérêt de leur pays (chose qu'un seul homme a fait le fou dangereux Henri VIII d'Angleterre): Aliénor d'Aquitaine reine de France puis d'Angleterre, Isabeau de Bavière, Marie de Médicis dotant la France du médiocre Concini, Anne d'Autriche risquant un incident diplomatique pour les beaux yeux de Georges Villiers puis tombant amoureuse de Mazarin qui heureusement fut un grand premier ministre prolongeant l'oeuvre de Richelieu ex-ennemi d'Anne d'Autriche, Marie de Rohan duchesse de Chevreuse l'amie d'Anne d'Autriche femme d'une beauté sublime paraît-il; son don pour l'intrigue sous Richelieu puis pendant la Fronde lui valurent d'être exilée.
Le cas de Marie de Rohan est vraiment intéressant. Cette femme semblait disposer d'un certain talent politique mais elle n'en a usé que pour des intérêts personnels. Elle poussa Louis XIII à faire assassiner Concini pour mettre à la place de Luynes son premier mari qui se révéla finalement aussi médiocre que son prédécesseur et mourut rapidement. Remarié à Claude de Lorraine, duc de Chevreuse après la mort de De Luynes (qu'elle avait trompé abondamment avec son futur mari) elle continua à comploter contre Richelieu (qui fut à deux doigts de tomber amoureux d'elle: on peut se demander ce qu'aurait fait un couple aussi redoutable en politique) dans le but probable de mettre son nouveau mari à la place. Oui mais seulement Richelieu était d'une autre trempe que Concini et voyait venir les coups ce qui lui permettait de ne pas les recevoir, voilà pourquoi on fit comprendre à Marie que certes on n'allait pas la passer au billot mais que pour cela il fallait qu'elle quittât manu-militari la cour et la France. Elle obtempéra jusqu'à la Fronde, époque où son charme s'était un peu estompé ce qui fit que d'autres y tinrent le haut du pavé. Mais cette femme, qui était peut-être un génie politique, n'a finalement fait qu'oeuvrer dans l'intérêt de sa couche (amant d'Aramis dans "Vingt ans après" mais cela relève de la fiction).
Donc une femme n'est une grande politique que lorsqu'elle gouverne en oubliant qu'elle est une femme donc en faisant abstraction de ses sentiments et de sa vie amoureuse. Car la politique n'a rien à avoir avec la douceur mais avec la fermeté. C'est dur à encaisser mais c'est la vérité.
Cadichon
22:27 Publié dans Batailles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 24 juillet 2006
Guerre contre les pauvres
Depuis plusieurs jours la mairie de Paris fait pression sur les SDF (je n’aime pas ce terme mais je vais l’employer, une fois n’est pas coutume) pour qu’ils ne campent plus sous les berges. Pourquoi? Parce que cela fait peur aux touristes et cela risque de faire péricliter Paris-Plage.
Premièrement je ne vois pas pourquoi on devrait se plier au desiderata des touristes et cela m’étonnerait que les touristes soient surpris qu’il existe des pauvres dans une ville riche.
Deuxièmement c’est toujours cette façon répugnante de faire de la politique, de cacher les problèmes pour essayer de faire croire qu’ils n’existent pas: “Couvrez moi ces pauvres que je ne saurais voir.”
Troisièmement c’est nier sa responsabilité dans cet état de fait: quelle mairie a lutté contre la spéculation immobilière à Paris, qui a abouti au fait que même des salariés, ne parviennent plus à se loger?
Et quatrièmement c’est ce mépris du pauvre, cette haine des miséreux, tout ce qui est haïssable dans la bourgeoisie et apparemment assumée par le PS qui montre qu’il est définitivement coupé des pauvres. Il préfère défendre la racaille qui brûle les voitures parce que elle, elle lui fait peur, plutôt que les clochards qui eux ne commettent pas de délits.
Paris était une ville riche mais elle n’avait pas encore déclaré la guerre aux pauvres. Cela sera bientôt chose faite.
Cadichon
11:06 Publié dans Batailles | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
vendredi, 14 juillet 2006
Causes et conséquences
Les causes et les conséquences d'un événement sont parfois difficiles à établir. Mais je vais aborder le sujet d'une autre façon. Ainsi lorsque l'on examine une biographie d'un auteur ou même d'un homme politique, on a toujours l'oeil fixé sur la fin, sur la date de la mort. Pourtant il est évident que lorsque cet homme a vécu, il ne savait pas quand il allait mourir (fort heureusement pour lui d'ailleurs) et quand il a entamé sa dernière oeuvre ou entamé son dernier acte, à moins qu'il fut gravement malade il ignorait que c'était la dernière touche de son oeuvre (et encore même dans ce cas il espérait peut-être vivre encore). Alors pour cela il est inadmissible car totalement faux de jeter un regard en arrière sur le parcours d'un homme en ne fixant que la fin. Pour James Dean qui est devenu une légende après et par sa mort, on examine cette année 1955 avec ces trois films mythiques "A l'est d'Eden", "La fureur de vivre", "Géant" et chaque fois qu'on les revoit, cette pensée nous traverse l'esprit ("Ah dire qu'il n'avait que quelques mois à vivre!"), alors qu'il n'y a aucune relation de cause à effet entre ces films et la mort de James Dean.
Il en va de même pour Richie Valens et Buddy Holly dont on détaille les derniers jours de la vie alors que seule la montée dans l'American Pie qui allait être pris dans une tempête de neige est responsable de leur mort. Et ce n'était pas leur destin! De grâce surtout pas d'interprétation calviniste rétroactive.
Cette méthode terrible de raisonnement est malheureusement appliquée aussi à des périodes historiques, permettant d'établir des liens statistiques entre événements qui n'ont rien de commun entre eux. Les causes de la guerre de 1914-18: les vrais causes sont les tensions des empires coloniaux (et non des nations) et non pas la montée du nationalisme serbe. Car il ne faut pas oublier que si Gustav Princip l'assassin de l'archiduc était serbe, il était un pur anarchiste donc absolument pas nationaliste. Et nombreux sont ceux qui passent sous silence la mondialisation effrénée, des échanges commerciaux grandissant notamment entre l'Allemagne et l'Angleterre ce qui n'allait pas les empêcher de se mettre sur la gueule car bien évidemment la concurrence suprême c'est la guerre. L'interprétation rétroactive d'instants mineurs est le pire des pièges pour un historien et peut facilement le tromper.
Cadichon
23:00 Publié dans Batailles | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
mardi, 27 juin 2006
Guerre du football
A ceux qui ont parlé de guerre du footbal au sujet du match Portugal/Pays-Bas, un petit rappel historique.
Cette guerre a eu lieu en juillet 1969, entre le Salvador et le Honduras
Dans un contexte houleux lié à un cproblème territorial, le Salvador et le Honduras jouaient les matchs éliminatoires pour la coupe du monde de football de 1970. La première rencontre avait lieu à Tegucicalapa perturbée par une grève des enseignants. Les grévistes avaient semé des clous sur la chaussée et les footballeurs salvadoriens en visite en furent notamment les victimes. Se sentant visés, ils se répandirent en insultes sur les Honduriens. La nuit précédant l'épreuve, l'équipe du Salvador fut empêchée de dormir par les partisans de l'équipe locale, qui cernaient l'hôtel où logeaient les joueurs adverses.
Le lendemain, les Salvadoriens perdirent par 1 à 0, le but hondurien ayant été marqué à la dernière minute du jeu. Une jeune supportrice salvadoriennne, se tira une balle dans le cœur. Son corps fut rapatrié, ses obsèques furent nationales, suivies par le Président et le gouvernement du Salvador.
Le match de retour, prévu au Salvador, fut mis sous la surveillance de l'armée. Mais l'équipe du Honduras vit d'abord son hôtel incendié (il n'y eut aucune victime), et dut déménager pour un autre hôtel. Là, elle fut soumise par les Salvadoriens au régime de la privation de sommeil. Escortée par la police, l'équipe gagna le stade, et perdit 3 à 0. Certains Honduriens qui avaient fait le voyage pour assister au match furent molestés, et les émeutes (voitures incendiées, fenêtres brisées, hôpitaux débordés) causèrent la mort de deux personnes. L'équipe de football put regagner son pays, mais la frontière fut fermée.
Les Honduriens cherchèrent à se venger et s'en prirent aux résidents salvadoriens. Il y eut des morts et des blessés, le gouvernement ne fit rien au début pour empêcher les exactions, avant que la violence ne finisse par paralyser la capitale pendant deux jours. Seule la fatigue des émeutiers mit fin aux exactions.
Les deux pays ayant chacun gagné un match, ils devaient s'affronter à Mexico pour se départager. Les medias continuèrent de verser de l'huile sur le feu.
Le match fut gagné par le Salvador, mais les troubles ne cessèrent pas: femmes violées, quelques morts, hôpitaux débordés. Le Honduras accusa les arbitres de malhonnêteté, les joueurs adverses de tricherie. On échangea des calomnies des deux côtés, et cela gagna les deux gouvernements.
Au Salvadoriens le président Sanchez Hernadez avait été affaiblit par l’affaire des Sleeping Beauties, et craignait un coup d’état. Les généraux avaient prévu la guerre: l’attaque avait été calquée sur le plan qu’avait utilisé les généraux israéliens durant la geurre des Six-Jours. Le but était de mettre fin à la politique anti-salvadorienne de Lopez Arellano président hondurien.
La guerre
Dans les heures qui suivirent le match donc, des escarmouches eurent lieu à la frontière des deux pays, suivies d'une intense propagande qui rapporta des atrocités de toutes sortes, le plus souvent imaginaires. Des incidents de frontières mettant en jeu quelques douzaines de personnes devenaient des «combats importants», et les deux côtés annonçaient triomphalement la victoire.
Le 4 juillet 1969, alors que le nombre des Salvadoriens expulsés se monte à 20 000 et que le vice-consul du Salvador à Tela est assassiné, les relations diplomatique entre les deux états sont rompues.
Le lundi14 juillet 1969, un avion militaire salvadorien lâcha une bombe sur Tegucigalpa. La guerre commençait vraiment, et allait durer... cent heures.
L’armée de terre salvadorienne était supérieure en nombre (8 000 h) et en armement, alors que son homologue hondurienne, mal organisée, était plus faible en personnels (2 500 h) et en armes (vieux fusils américains). L’aviation hondurienne, au contraire (23 avions de combat type Corsair), était supérieure à l’aviation adverse (11 avions de combat type Mustang et Corsair).
L'armée salvadorienne, lança des offensives le long de la principale route joignant les deux pays et contre les îles honduriennes dans le golfe de Fonseca. Au début elle avança rapidement. Dans la soirée du 15 juillet la capitale provinciale de Nueva Ocotepeque était capturée. Cependant l'aviation hondurienne était supérieure et détruisant, outre son opposante, les dépôts de munitions et de carburant, ce qui contraignait l'armée salvadorienne à l'immobilité.
Les 20, la Fuerza Aera Hondurena affrontèrent des Corsairs et des Mustang du Salvador avec succès, ce furent les derniers combats de ces avions de la 2e guerre mondiale.
La guerre du foot a causé deux mille morts et quelques milliers de blessés. Près de cinquante mille personnes y ont perdu leur maison et leurs terres. De nombreux villages furent détruits, tandis que l'industrie salvadorienne fut fortement touchée par une crise.
La guerre dura quatre jours (d'ou l’autre nom de Guerre de Cent heures). Le 29 juillet sous la pression de la communauté internationale, les Salvadoriens retiraient leurs troupes. L’immense majorité des immigrés salvadoriens quitta le Honduras. Ce qui au final avantagea Lopez Arellano, qui pouvait faire sa réforme agraire sans peine.
Il fallut attendre 1980 pour qu'un traité de paix fut signé. La dispute territoriale à l'origine du conflit ne fut résolue qu'en 1992 par la Cour internationale de Justice.
10:25 Publié dans Batailles | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
dimanche, 11 juin 2006
La bataille de Poitiers
25 octobre 732
Charles Martel arrête les musulmans à Poitiers
Chronologie succincte de l'empire carolingien:
Les Francs refont leur unité à Néry le 14 octobre 719
Charles Martel bat les Arabes à Poitiers le 25 octobre 732
Le 25 octobre 732, le chef des Francs, Charles Martel, stoppe une armée arabe au nord de Poitiers. Les vaincus se retirent. C'en est fini des incursions musulmanes au nord des Pyrénées.
Menace sur l'Aquitaine
A peine un siècle après la mort de Mahomet, les guerriers musulmans avaient conquis l'Espagne et le et la Septimanie (soit le Languedoc actuel).
Les musulmans sont freinés par le duc d'Aquitaine, Eudes, à Toulouse, en 72. Eudes veut prévenir le retour des musulmans d'Espagne au nord des Pyrénées et pour cela, s'allie au gouverneur berbère de la Septimanie, Mununza.
Celui-ci, est en révolte contre ses coreligionnaires d'Espagne. Eudes lui donne sa fille en mariage (les préjugés religieux étaient peu virulents à cette époque). Mais Mununza trouve la mort en affrontant le gouverneur d'Espagne Abd el-Rahmann et ce dernier lance une expédition punitive contre les Aquitains.
À la tête de troupes, composées d'Arabes ainsi que de Berbères, Abd el-Rahmann veut remonter jusqu'au riche sanctuaire de Saint-Martin de Tours dont il convoite les richesses avant de retourner au sud des Pyrénées.
Eudes demande l’aide des Francs du nord de la Loire. Charles Martel, issu d'une puissante famille franque d'Austrasie (l'Est de la France) accepte. Maire du palais à la cour du roi mérovingien, un lointain descendant de Clovis et quelques années plus tôt, a refait l'unité des Francs en battant ses rivaux de Neustrie à Néry.
Eudes craint que Charles Martel ne tourne désormais ses ambitions vers le Sud de la Loire. Il accepte néanmoins de rapprocher leurs deux armées pour faire face à la menace musulmane.
Bataille indécise
Devant l'avancée de ses armées de Charles Martel et Eudes, Abd el-Rahmann arrête sa progression. C'est à Moussai, entre Poitiers et Tours, que se font face les ennemis. Pendant six jours, les cavaliers musulmans et les fantassins chrétiens s'observent et se livrent quelques escarmouches.
Le 25 octobre 732, qui est aussi le premier jour du mois de Ramadan, les musulmans décident d’ engager la bataille. Mais leur cavalerie désordonnée se heurte au rempart des fantassins francs, bardés de fer. Abd el-Rahmann meurt au combat et la nuit qui suit, ses hommes se retirent, démotivés.
Charles ne s'en tient pas à cette victoire facile. Profitant de l'affaiblissement d’Eudes, il s'empare des évêchés de la Loire, descend dans le Midi d'où il chasse les chefs musulmans. Il y gagne le surnom de Martel («celui qui frappe comme un marteau»).
Plus tard, les chroniqueurs français se sont fait un devoir d'exalter le souvenir de la bataille de Poitiers pour mettre en valeur Charles Martel, père de Pépin l Bref et grand-père de Charlemagne.
Cette version est contestée aujourd’hui par de nombreux historiens. En effet il y a peu de documents certifiant cette bataille. Les pro-arabes disent que la France étant si pauvre à cette époque, cela a peut-être freiné les ambitions de conquête des musulmans.
Autre chose, la proportion de musulmans dans l’armée a été revue à la baisse (on estime qu’il y en avait 10% environ), ce qui infirme la notion d’armée de conquête. Cette armée était une armée de razzia et de pillages, qui n’avait ni le but ni les moyens de conquérir la France.
Chronologie qui suit
Pépin le Bref, fils de Charles Martel, est sacré roi des Francs le 27 juillet 754
Charles et Carloman, fils de Pépin, deviennent rois des Francs le 24 septembre 768
Le futur Charlemagne devient seul roi des Francs le 4 décembre 771
L'arrière-garde de l'armée de Charlemagne est attaquée au col de Roncevaux le 15 août 778
Première incursion viking en Occident le 8 juin 793
Charlemagne est sacré empereur à Rome le 25 décembre 800
Charlemagne meurt à Aix-la-Chapelle le 28 janvier 814, à 71 ans
PS: une autre bataille eut lieu à Poitiers. Elle se déroula en 1356 et vit les fantassins français se faire décimer par les arches anglais (comme à Crécy). Allez savoir pourquoi cette bataille est beaucoup moins connue que celle de 732
06:10 Publié dans Batailles | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
jeudi, 11 mai 2006
Empire européen
Si on regarde l'histoire de l'Europe, on est obligé de constater que la France s'est depuis toujours opposée à la création d'un super-état européen déjà sous la forme d'un empire, notamment à l'époque du Saint-Empire germanique. Sans François Ier, Charles Quint serait sans doute parvenu à ses buts, soit la création d'un empire européen (il sera néanmoins pardonné à Charles Quint car son abdication et le retrait dans un couvent montre qu'il avait compris qu'il avait fait fausse route).
Et si ce n'était pas lui, cela se serait fait à une autre époque, par une autre personne. Bref nous aurions eu un empire européen qui serait sans doute rentré en conflit avec l'empire ottoman à un moment ou un autre. Donc grâce à la France (qui n'a pas hésité à s'allier avec l'empire ottoman au 16ème siècle, ou avec les pays protestants lors de la guerre de Trente ans) nous avons échappé au terrible choc des civilisations, décrit par Huntington (qui ne le cherche pas contrairement à ce qui a été dit). Donc créer cet empire aujourd'hui (même si on lui donne évidemment un autre nom, celui d'union) est une erreur, une négation de l'Histoire, un crime contre la tradition régulatrice de la France qui a empêché tant de conflits de dégénérer, même si la France a eu longtemps l'image d'une nation belliqueuse.
Cadichon
09:49 Publié dans Batailles | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
mardi, 02 mai 2006
La Bataille de Lépante
7 Octobre 1571
Lépante est la plus grande bataille navale avec Actium. Elle opposa le 7 octobre 1571 au large du golfe de Patras une coalition d’états chrétiens la Sainte Ligue (flotte papale, vénitienne et espagnole...;) à la flotte du Grand Turc qui était alors allié de la France.
Avant Lépante
L’empire ottoman avait conquis Chypre (possession vénitienne) l'année précédente. Philippe II payé par Rome depuis une dizaine d'années se devait de justifier son solde qui lui avait été accordé explicitement pour lutter contre les ottomans et contre les ennemis de la chrétienté en général.
Les vénitiens neutres en temps habituels à cause de leur nombre de comptoirs important, avaient été choqués par la perte de Chypre.
Le grand Turc envoyait chaque année près de trois cents galères turques faire quelques razzias en territoires chrétiens. L'Espagne ne disposait que d'une centaine de galères.
Les forces en présence
La flotte chrétienne était dirigée par don Juan d’Autriche (demi-frère de Philippe II). Elle était composée de 213 galères dont la moitié vénitienne et 30.000 hommes. Elle fut réunie à Messine (en Sicile) qu'elle quitta au milieu du mois de septembre.
La flotte turque, était déjà prête au début de l'été 1571, commandée par Ali Pacha qui était secondé par les corsaires Scirrocco et Euldj Ali. Début octobre, elle mouillait devant le fort de Lépante (en Grèce), se reposant des raids qui l'avaient vue ravager Corfou.
La bataille du 7 octobre
C'est au matin du 7 octobre que les deux flottes se trouvèrent au large du golfe de Lépante. Les chrétiens avaient appris que les Turcs mouillaient devant la forteresse de Lépante et pensaient qu'ils les y attendraient à l'abri, alors que les ottomans réalisèrent avoir nettement sous-estimé les forces de la Ligue. Ils étaient en rang à l'est (côté golfe), face aux chrétiens à l'ouest.
Dès le début, la supériorité de la Ligue fut illustrée par six galéasses, cuirassés juste sortis des arsenaux vénitiens, armés de canons pointés multi-directionnels.
Pour cette raison cette bataille resta comme un changement dans la stratégie navale. Les galères se voyaient opposées (à grande échelle) à une flotte nettement plus manœuvrante et armée de canons. Cette combinaison qu permit d’enfermer les Turcs dans le golfe de Lépante, permit aux galères espagnoles d’aborder les galères turques. Les combats de fantassins se déroulèrent sur le sol des galères éperonnées. Ces combats virent l’utilisation d'épées, d'arcs ou d'arbalètes et d’arquebuses à travers les bancs des rameurs (comme dans un film!).
L’amiral Ali-Pacha fut décapité pendant la bataille. Sa tête fut placée au bout du mat du navire principal espagnol ce qui précipita la chute du moral turc déjà bien entamé. La bataille pris fin à 4h de l’après-midi
Les chrétiens coulèrent cinquante galères et en prirent cent vingt ainsi que 450 canons et 39 étendards. Environ 15000 prisonniers chrétiens furent libérés. On compta 7 500 morts chez les chrétiens, 30 000 morts et 8 000 prisonniers chez les Turcs.
Le pirate Euldj Ali qui s’était farouchement battu prit la fuite avec une trentaines de galères barbaresques. La Sainte Ligue venait de prouver l'importance de l'artillerie maritime lourde des galéasses face aux galères habituelles.
On considère Lépante comme la fin des flottes de galères au profit de galions armés de canon.
Les conséquences politiques de cette victoire n’apparurent pas importantes sur le moment. L’empire ottoman ne s’effondra pas malgré cette déculottée. Euldj Ali réussit 3 ans plus tard à conquérir Tunis.
Les belligérants se tournèrent ailleurs (guerre des Flandres...).
430 ans après le regard est sensiblement différent. La deuxième tentative de conquête de l’Europe par le monde musulman avait échoué. Pire le monde musulman jusqu’ici en légère avance sur la chrétienté dans le domaine de l’innovation et des sciences se ferma progressivement notamment aux sciences et recula au point que la Turquie fut qualifiée d’homme malade de l’Europe. Le monde avait changé et il fallut plusieurs siècles pour le comprendre.
Réédition après un mois de la première note qui ne fut pas aussi lue qu'elle le devait
00:35 Publié dans Batailles | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
dimanche, 16 avril 2006
Actium
Ce qui avait précédé
15 mars 44: assassinat de Jules César
11 novembre 43: deuxième triumvirat
23 octobre 42: victoire de Marc Antoine à Philippes
Le 2 septembre 31 avant Jésus-Christ, une grande bataille navale se déroule près d'Actium, aux alentours de Corfou. Octavien (ou Octave), fils adoptif de Jules César, bat Marc Antoine et Cléopâtre, amants maudits.
Le dernier combat
Marc Antoine, amoureux de la reine d'Égypte, avait rompu l’accord de Brinde. Il avait répudié sa femme Octavie (soeur d'Octave ce qui était mauvais pour leur relation) et envisageait l'avènement d'un royaume oriental.
Octave avait fait ouvrir publiquement le testament de Marc Antoine, qui apprenait aux Romains que l'héritage de César devait revenir à Césarion, le fils de César et de Cléopâtre. Octave presse le Sénat romain de déclarer la guerre à Cléopâtre sans rien dire à Antoine encore influent à Rome mais se porte avec sa flotte au-devant de son rival.
Antoine et Cléopâtre naviguent du côté de la Grèce occidentale. Ils disposent d'environ 300 navires romains et 200 égyptiens. Octave a quant à lui 400 navires (et 37.000 hommes de combat). Il est assisté par un amiral de génie, Agrippa.
Après plusieurs mois de poursuite, Antoine et Cléopâtre se trouvent piégés dans le golfe d'Amvracique, au sud de l'île de Corfou. La chaleur, la malaria et la soif les contraignent à forcer le blocus d'Octave et à engager le combat.
Après dix heures de combats, la plus grande partie de la flotte d'Antoine se retira ou capitula. Certains affirment qu’il fit signe à Cléopâtre de prendre la direction de la haute mer, ce qu'elle fit avec son escadre; d’autres qu’elle s’enfuit d’elle-même. En tout cas on sait qu’après avoir subi de nombreuses pertes, la flotte de Cléopâtre arrive à se dégager et à gagner la pleine mer avec une soixantaine de vaisseaux et... son trésor. Les soldats d'Octavien avaient saisi 300 galères et tué 5 000 soldats d'Antoine. Celui-ci, découragé, déserte sa flotte. Il consomme l'échec de son camp et offre une victoire totale à Octave.
Une autre version dit que le départ de Cléopâtre ainsi que celui d'Antoine était une ruse mais que cette ruse fut éventée et les membre de la garde d'Octave, firent courir la rumeur que les chefs avaient déserté le combat, ce qui réduit à néant le moral des troupes d'Antoine.
La bataille d'Actium alimenta de nombreux débats: s'agissait-il d'une bataille ou d'une fuite? Plutarque ainsi que d’autres (Fuller, Tarn) conclurent qu'il y eut bel et bien lutte. Le nombre de victimes recensées tend à le confirmer.
Le drame se dénoue à la manière d'une tragédie shakespearienne (ce qu'il deviendra d'ailleurs dans le superbe film "Cléopâtre" de Mankiewicz).
Acte 1 : Antoine rejoint Cléopâtre à Alexandrie. Mais la reine s'enferme dans son mausolée et refuse de revoir son amant. Elle lui fait dire qu'elle est morte ! Désespéré, Antoine se poignarde... et expire dans les bras de Cléopâtre.
Acte 2 : Octave débarque à son tour à Alexandrie. Il veut cueillir le fruit de sa victoire. Il met la main sur le trésor d’Alexandrie pour mieux triompher à Rome. Il impose à l'Égypte, un énorme tribut annuel de 133.000 tonnes de céréales.
Acte 3: Cléopâtre reçoit Octave mais celui-ci ne veut rien concéder. Selon Octave elle tente de le séduire. Il menace d'enchaîner la reine et de la ramener ainsi à Rome. Cléopâtre préfère mourir dignement en se suicidant par la morsure d'un aspic.
Outre les faits guerriers qui illustrent la supériorité navale de Rome, cette portion d’histoire montre le refus de Rome de se tourner vers l’Orient du moins vers un projet de fédération romano-égyptienne. Si ce projet avait vu le jour, la face du monde aurait changé et les notions de empire, cité, nation, fédération, confédération, état auraient été sans doute nettement différentes. Une forme de cosmopolitisme (probablement plus généré par l'amour d'Antoine pour Cléopâtre que par une vision politique) avait été rejeté sans hésitation par Rome (par son sénat et son empereur).
Autre chose il fut décidé que Césarion, étant donné le danger qu'il représentait par le testament d'Antoine, devait être assassiné à l'inverse des deux enfants qu'avaient eu Cléopâtre et d'Antoine. Il fut effectivement mis à mort à l'âge de 17 ans. Mais nul ne sait s'il eut le temps de procréer. Et alors mes chers lecteurs, peut-être que l'un de vous est son descendant.
16:50 Publié dans Batailles | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note


