vendredi, 28 juillet 2006

Femmes et politique

Dans "Par-delà bien et mal" Nietzsche condamne le féminisme en se révèlant misogyne chose que je ne serai jamais. Il considère que l'entrée de la femme en politique s'est accompagnée d'une régression de la Femme, que celle-ci a vu son influence diminuer au moment même où elle obtenait plus de droits. Car la femme a renoncé alors à sa part de grâce qui la faisait triompher dans le domaine où elle était maîtresse: la femme cesse d'être "un animal domestique particulièrement délicat, bizarre, sauvage et souvent agréable" (c'est l'interprétation de Nietzsche pas la mienne).
Moi surtout ce que je condamne c'est le discours qui accompagne la parité, qui nous dit que les femmes ces anges de douceur (qualité que je ne conteste pas) vont gouverner avec cette douceur et donc nous apporter tant de bonheur. Un simple coup d'oeil à l'histoire rend cette interprétation totalement fantaisiste.
Les grandes femmes politiques ont été des tueuses d'une violence inouïe loin de toute tendresse: Isabelle la Catholique, Elisabeth Ière d'Angleterre, les deux Catherine (Médicis, II de Russie), Indira Gandhi, Margaret Thatcher (certes une libérale impitoyable mais qui a redressé son pays). Permettez moi de vous dire que ces femmes je n'en aurais pas voulu comme amantes car je n'aime pas spécialement me faire torturer au lit. Parmi les grandes politiques seule Benazir Butto a échappé à ce stéréotype mais justement elle s'est fait renverser deux fois par son armée.
Quant aux femmes anges de douceur et donc amantes, permettez moi de vous rappeler qu'elles ont souvent été de médiocres politiques justement car elles ne faisaient passer leur amants avant l'intérêt de leur pays (chose qu'un seul homme a fait le fou dangereux Henri VIII d'Angleterre): Aliénor d'Aquitaine reine de France puis d'Angleterre, Isabeau de Bavière, Marie de Médicis dotant la France du médiocre Concini, Anne d'Autriche risquant un incident diplomatique pour les beaux yeux de Georges Villiers puis tombant amoureuse de Mazarin qui heureusement fut un grand premier ministre prolongeant l'oeuvre de Richelieu ex-ennemi d'Anne d'Autriche, Marie de Rohan duchesse de Chevreuse l'amie d'Anne d'Autriche femme d'une beauté sublime paraît-il; son don pour l'intrigue sous Richelieu puis pendant la Fronde lui valurent d'être exilée.
Le cas de Marie de Rohan est vraiment intéressant. Cette femme semblait disposer d'un certain talent politique mais elle n'en a usé que pour des intérêts personnels. Elle poussa Louis XIII à faire assassiner Concini pour mettre à la place de Luynes son premier mari qui se révéla finalement aussi médiocre que son prédécesseur et mourut rapidement. Remarié à Claude de Lorraine, duc de Chevreuse après la mort de De Luynes (qu'elle avait trompé abondamment avec son futur mari) elle continua à comploter contre Richelieu (qui fut à deux doigts de tomber amoureux d'elle: on peut se demander ce qu'aurait fait un couple aussi redoutable en politique) dans le but probable de mettre son nouveau mari à la place. Oui mais seulement Richelieu était d'une autre trempe que Concini et voyait venir les coups ce qui lui permettait de ne pas les recevoir, voilà pourquoi on fit comprendre à Marie que certes on n'allait pas la passer au billot mais que pour cela il fallait qu'elle quittât manu-militari la cour et la France. Elle obtempéra jusqu'à la Fronde, époque où son charme s'était un peu estompé ce qui fit que d'autres y tinrent le haut du pavé. Mais cette femme, qui était peut-être un génie politique, n'a finalement fait qu'oeuvrer dans l'intérêt de sa couche (amant d'Aramis dans "Vingt ans après" mais cela relève de la fiction).
Donc une femme n'est une grande politique que lorsqu'elle gouverne en oubliant qu'elle est une femme donc en faisant abstraction de ses sentiments et de sa vie amoureuse. Car la politique n'a rien à avoir avec la douceur mais avec la fermeté. C'est dur à encaisser mais c'est la vérité.

Cadichon

Ecrire un commentaire